Le Brain Gym est une méthode basée sur l’idée que les mouvements physiques spécifiques peuvent faciliter l’apprentissage en favorisant la communication entre les hémisphères cérébraux et en stimulant le système nerveux. Développée par Paul et Gail Dennison, elle repose sur des exercices, une vingtaine d’activités.
Le brain gym comprend 26 exercices favorisant la concentration et la mémoire.
L’objectif des exercices est de faire travailler les deux hémisphères, en associant des mouvements souvent inversés entre les deux côtés du corps, en croisant la ligne médiane, en réalisant certains gestes.
Les exercices aident à équilibrer et coordonner la vision, l’audition, l’écriture et le mouvement afin de faciliter la communication, le centrage, la compréhension et la concentration.
Il m’arrive régulièrement de proposer des exercices de brain gym au cabinet pour aider à la latéralisation et pour récupérer leur attention. En classe également, en fin de journée quand l’attention des élèves nous échappent, on peut tenter d’hausser la voix, de menacer de punition, d’utiliser le tableau de comportement… Mon choix est de les faire se lever et de réaliser quelques exercices, des mouvements croisés. Ainsi, ils se recentrent et redeviennent attentifs, calmes, prêts à travailler.
Proposer aux élèves de se déplacer en suivant un parcours fait avec des cerceaux est une activité proche de celle de La marelle mais laisse plus de choix quant au nombre de cerceaux, leur disposition: leur écartement, l’alternance 1 pied-2 pieds…
Voici une proposition pour apprendre en équipe, solidairement, en verbalisant les tables de multiplication:
Les élèves sont répartis en équipe. Un membre de l’équipe saute à pieds joints encouragés par les autres membres de l’équipes qui scandent la table. Tous: 2 x 3 = 6, l’annonce du résultat se fait quand l’enfant dont c’est le tour de passer atterri dans le cerceau. La répétition, la verbalisation collective sont autant d’ocasion pour les élèves de mémoriser la table. Arrivé au bout du parcours, un élève de l’équipe adverse lui présente le recto d’une étiquette ex: 5 x 3, au verso se trouve la solution afin qu’il n’y ait pas de débat sur la bonne réponse et permettre ainsi de remédier en cas d’erreur. Si l’élève annonce la bonne réponse, il rapporte l’étiquette à son équipe et marque ainsi un point. Les règles peuvent présenter des variables en fonction du nombre d’élèves, du nombre de tables connues, du temps imparti…
Mouvement, répétition à voix haute de la table, écoute répétée, challenge et motivation pour faire gagner son équipe sont les gages d’une bonne mémorisation.
Le parcours avec cerceaux est transférable pour l’apprentissage d’autres notions.
Ecrire dans le dos peut avoir un intérêt pédagogique en stimulant le sens du toucher des enfants. Cela peut être utilisé pour enseigner les lettres, des chiffres ou des concepts simples. Cette activité encourage la concentration, la coordination et la compréhension tactile, contribuant ainsi au développement cognitif et sensoriel des enfants.
Ecrire dans le dos est une activité parfois proposée en graphopédagogie pour un meilleur ancrage kinesthésique. Ce jeu est présenté dans le coffret Bien écrire dont je vous présente une illustration ci-dessous.
Cette activité peut être proposée sous plusieurs formes.
Un enfant trace une lettre, un chiffre, une forme dans le dos d’un camarade. Ce dernier dit oralement ce qu’il a reconnu. Les deux enfants valident. Le deuxième enfant peut également écrire ce qu’il a senti, au tableau à la vertical ou sur son cahier posé sur son bureau.
Exemple d’activité: confusion b/d:
Elève 1 lance un dé dont les faces proposent soit le b soit le d en script. Il peut également tirer au sort une étiquette, face cachée, avec un ou l’autre des graphème… Il dessine la lettre en cursive dans le dos de l’élève 2. Elève 2 verbalise le graphème qu’il a reconnu: bbb, dddd puis saisit une étiquette qui correspond à ce qu’il a senti. Ce peut être une étiquette avec la lettre, une étiquette avec un mot commençant par le b ou le d, une étiquette représentant un mot commençant ou contenant le b ou le d (dame, balle…). Les deux élèves vérifient enfin s’ils ont la même chose.
Avez-vous testé ce jeu? Venez nous raconter en commentaire.
La marelle est un bon exercice physique car elle permet de faire travailler alternativement les deux parties du corps de l’enfant: alternance gauche-droite. La marelle, en plus d’être un simple jeu, a un rôle éducatif et physique. En sautant d’une case à l’autre, les enfants développent leur coordination, leur équilibre et leur motricité. De plus, la marelle enseigne la notion d’ordre numérique, car les joueurs doivent suivre une séquence numérotée pour progresser dans le jeu. C’est un moyen ludique d’apprendre tout en s’amusant, favorisant le développement global des compétences des enfants. La comptine numérique peut être remplacée par une notion en cours d’apprentissage.
On peut ainsi imaginer, au cours d’une séance d’APQ (Activités Physiques Quotidiennes), un parcours où l’élève tout en sautillant de case en case sur la marelle pourra verbaliser la notion découverte en classe.
Par exemple: « Le verbe est un mot qui dit ce que fait une personne, un animal ou une chose. » Après avoir parcouru le parcours de la marelle, l’élève se trouve face à une table (banc, muret…) présentant plusieurs étiquettes: étiquette-verbe et autres mots. Il prend une étiquette (qui doit être un verbe) et la rapporte à son point de départ. Il peut ainsi compléter la collecte de son équipe ou pour lui-même si ce jeu est proposé en individuel.
Pour accompagner les élèves dans la préparation de l’apprentissage à l’écriture cursive, il est possible de rendre les exercices plus ludiques en utilisant du petit matériel. Je vous propose donc une liste d’outils utilisés en graphopédagogie et utilisable en classe.
Les finger eyes:
Ludiques et pratiques, ils aident les élèves à bouger et individualiser les doigts.
En période de préparation de rentrée scolaire, je suis souvent interpellée pour donner mon avis quant au choix des outils « scripteurs » à commander pour les élèves de maternelle.
« Je n’ai pas trouvé de conseils pour le choix des crayons de couleurs et des feutres en maternelle (ok pour élémentaire), pour coloriage et écriture/ graphisme. »
Je vous copie-colle un extrait de message reçu car il aborde le choix des crayons de couleurs, celui des feutres et distingue coloriage et écriture. Merci à cette collègue.
En effet, il est important de distinguer les activités pour lesquelles le crayon, le feutre… est destiné.
Au détour de mes lectures sur les réseaux, il m’arrive de tomber sur des publications qui prônent l’interdiction de feutres et de crayons de couleurs en maternelle. Ce conseil est guidé par une bonne intention, empêcher les enfants de s’habituer à une mauvaise tenue de crayon.
Permettez-moi une comparaison… (j’aime bien les comparaisons)
Avant de faire du vélo, les enfants vont utiliser différents types de véhicules pour acquérir peu à peu équilibre, dextérité, vitesse… On n’attend absolument pas d’eux qu’ils sachent appuyer sur les pédales, rouler bien droit… On les laisse jouer, lever peu à peu les pieds, prendre de la vitesse… Imaginez un enfant à qui on dirait constamment « mets bien tes pieds, regarde devant, lève la tête… » au secours!
Les enfants doivent expérimenter différents types de traces, s’approprier peu à peu l’espace feuille, affiner leur coordination oculomotrice, prendre conscience que tel geste produit tel effet…
Laissons les enfants utiliser tous types d’outils: crayons, pastels, craies, feutres… Laissons les expérimenter librement, peu importe la façon de tenir l’outil. Permettons-leur de dessiner, colorier le plus souvent possible sans être derrière eux à les reprendre.
Et comme l’enfant va trouver son équilibre peu à peu et réussir à faire du vélo sans roulettes, il va acquérir la dextérité nécessaire à une bonne tenue de crayon.
Qu’en est-il des activités d’écriture?
Jusqu’au milieu de la Moyenne Section, les élèves vont préparer l’entrée dans l’écriture cursive en faisant des grands tracés avec le bras. Dès qu’on attend d’eux de commencer à tracer les gestes préparatoires à l’écriture, les formes de base et les lettres, l’outil est alors important car il doit permettre une prise tridigitale: pouce-majeur-index. A ce moment-là, il faudra être vigilant à la position des doigts et leur mobilité.
L’outil indispensable est alors le crayon papier (crayon gris, crayon de bois…)
De préférence triangulaire, je vous invite à lire les crayons conseillés dans cet article.
On peut aussi utiliser des feutres fins, de préférence triangulaire:
Pour l’utilisation de crayons de couleurs, vous l’avez compris de préférence triangulaires, c’est la qualité de la mine qui prime. Elle se doit d’être suffisamment friable pour ne pas avoir besoin d’appuyer trop fort.
D’autres outils, de type pastel, sont aussi intéressants:
En graphopédagogie, il est très rare qu’il n’y ait pas besoin de revoir les lettres rondes: c, o, a, d, q et g. Le tracé de ces lettres fait souvent débat: présence d’oeilleton? , lettre en plusieurs morceaux (trait d’attaque, rond, canne…)?, à quel moment lever le crayon? ….
Je vous propose un jeu, une dictée muette pour inviter les enfants à encoder des mots contenant des lettres rondes.
Je vous invite à découper les images (le dessin et son étiquette), on plie ensuite l’étiquette pour la coller au verso de l’image. L’enfant cherche le mot représenté. Il l’encode. La présence d’une lettre muette est signalée. Il peut s’auto-corriger en retournant l’étiquette.
Pour réviser le tracé de chaque lettre:
Pour travailler l’enchainement des lettres:
Pour revoir la formation de l’ensemble des lettres:
Ce qui fait la spécificité de notre écriture est que les lettres sont liées. La liaison des lettres a plusieurs avantages: elle permet l’automatisation du geste, la fluidité, la vitesse… D’ailleurs le terme cursif est emprunté du latin médiéval cursivus, de currere, « courir ».
Ainsi, lors de l’apprentissage de l’écriture, l’enseignant attirera l’attention de ses élèves sur cette spécificité et lui permettra de s’entrainer à écrire en liant les formes puis les lettres.
Vous trouverez sur le site de nombreuses activités autour des formes et leurs enchainements:
– Le train des gestes:
Cliquer sur l’image
–Objectif écriture:
Cliquer sur l’image
– Les réglettes des formes:
Cliquer sur l’image
Lors de l’écriture de mots, il est donc important que les élèves sachent qu’en dehors de quelques lettres qui nécessitent un lever de crayon: les rondes (a, c, d, g, o et q) car elles démarrent par un c, ainsi que la lettre x qui finit par un c, tout doit être tracé sans interruption. Le mot terminé, on revient pour les accents, le point du i ou du j et la barre du t. C’est une bonne occasion pour relire le mot et vérifier qu’on n’a rien oublié, on privilégiera un ajout de gauche à droite. On me demande souvent « et le p? et le s? ». Ces deux lettres ne nécessitent pas de lever de crayon. La main bien placée sous la ligne permet de faire le « p » en pliant dépliant les doigts sans déformation. Le « s » se ferme en faisant un petit rebond sur le p du début de lettre, on peut ainsi enchainer la lettre suivante sans risquer une cassure dans le mot.
Je vous propose un jeu pour travailler cette spécificité avec vos élèves ou votre enfant sur le thème du printemps, de la nature.
J’ai fait une découverte dans la classe de Maitressedzecolles que je souhaite partager ici.
Il s’agit d’une ardoise transparente qui mesure 30 x 22 cm de chez MAPED.
Elle s’utilise avec un feutre ou un crayon effaçable à l’eau. Elle présente l’avantage de ne pas glisser une fois posée sur le pupitre et surtout on peut glisser des modèles dessous. L’élève pourra ainsi s’entraîner plusieurs fois, sans crainte de rater, avant d’utiliser son crayon pour écrire sur les réglettes des formes ou sur son cahier d’écriture GS ou son cahier d’écriture CP.
Bien sûr, cette ardoise peut être utilisée, sans modèle, afin d’apprendre à maitriser peu à peu le mouvement des doigts nécessaire pour tracer des boucles, des pics…
Apprendre dès le début à nos élèves à incliner le support, à mobiliser les doigts, à tracer les formes de base de l’écriture lui permettra d’accéder à une écriture automatisée , dans les lignes, fluide et rapide.